Peut-on encore parler de vocation en psychologie ?
- Hélène Zapata

- il y a 5 jours
- 2 min de lecture
Le mot « vocation » évoque souvent une vision idéalisée du métier de psychologue : aider les autres, réparer les blessures, écouter avec bienveillance. Mais à l’heure où les métiers évoluent, où les parcours se diversifient, où les conditions d’exercice sont parfois difficiles, cette notion a-t-elle encore un sens ? Peut-on encore dire que l’on devient psychologue par vocation ? Ou faut-il penser cette orientation autrement ?
Une vocation en psychologie… mais pas un don
Beaucoup d’étudiants en psychologie expliquent leur choix par une envie d’aider, de comprendre le fonctionnement humain, de contribuer. C’est très souvent la première réponse des étudiants en entretien de motivation et de sélection pour des études en Psychologie. Cette motivation profonde peut être qualifiée de vocation. Mais attention à ne pas en faire un mythe sacrificiel. Être Psychologue, ce n’est pas « avoir un don », mais acquérir des compétences en psychologie, suivre une formation exigeante, respecter un cadre éthique et déontologique.
Une vocation en psychologie sans formation n’est pas suffisante ; une formation sans motivation ne suffit pas non plus.

Un engagement évolutif
La vocation ne se décrète pas une fois pour toutes. Elle se construit dans le temps, à travers les stages, les rencontres, les expériences de terrain. On peut entrer en psychologie avec une idée et en ressortir “transformé” : certains découvrent leur voie en neuropsychologie, d’autres en ressources humaines, d’autres encore dans l’enseignement ou la recherche. Rien n’est figé ni pendant les études ni même ensuite lors de votre parcours professionnel.
Ce qui compte, c’est le sens que l’on donne à ce que l’on fait. La vocation devient alors un fil conducteur et non un carcan.
Une réponse aux besoins du monde
Face à la montée des troubles psychiques, à la souffrance sociale, à la crise du lien, le rôle des psychologues est plus crucial que jamais. La vocation peut aussi s’exprimer comme un désir d’utilité, d’impact, d’engagement citoyen. Les nouveaux métiers de la psychologie s’ancrent dans des réalités concrètes : santé mentale, inclusion, écologie, éducation, travail par exemple.
Choisir la psychologie, c’est aussi répondre à des besoins collectifs.
Conclusion
Nous aurions pu passer 4h à plancher sur le sujet et développer des arguments pour ou contre... Mais en conclusion, oui, on peut encore parler de vocation, à condition de la penser comme une dynamique, un engagement lucide, un désir de contribution nourri par des compétences solides.
À l’ESPÉ, nous encourageons les étudiants à relier leur envie d’agir et les exigences du métier, pour transformer leur vocation en un projet durable et incarné tout au long de leur parcours.




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